Comment l’art représente-t-il les adolescentes ? Longtemps, la jeune fille a été montrée comme tendre, fragile, rêveuse ou innocente. Comme si l’adolescence féminine pouvait tenir dans quelques poses, quelques vêtements et beaucoup de silence. Avec Girls. Adolescence, mode et rébellion, le Grand Palais choisit au contraire de regarder cet âge pour ce qu’il est vraiment : une période de métamorphoses, de contradictions, d’invention de soi et, parfois, de rébellion.
Présentée à Paris du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027, l’exposition réunit des œuvres d’art, des vêtements, des accessoires, des photographies, des extraits de films, des archives et des objets du quotidien. Une matière foisonnante pour explorer non pas une seule définition de « la jeune fille », mais toutes les façons dont les adolescentes ont été regardées, habillées, racontées… et dont elles reprennent aujourd’hui le contrôle de leur propre image.
Girls. Adolescence, mode et rébellion
Du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027 au Grand Palais, Galeries 8, à Paris. Réservations à partir du 6 octobre 2026.
Enfin une exposition qui prend les adolescentes au sérieux
L’adolescence féminine est partout dans la culture populaire. Elle nourrit le cinéma, la mode, la photographie, la littérature et la publicité. Pourtant, elle reste souvent observée de l’extérieur. L’adolescente devient alors une silhouette : la jeune fille sage, la rebelle, la lolita, la fan, la rêveuse mélancolique ou la consommatrice obsédée par son apparence.
Ce que promet l’exposition du Grand Palais est bien plus intéressant : rendre à cette période sa profondeur émotionnelle, psychologique et politique. Car être adolescente, ce n’est pas seulement changer de corps ou de style. C’est apprendre à vivre avec le regard des autres, tester les limites, choisir les signes auxquels on veut appartenir et découvrir que l’on peut aussi refuser ceux que l’on nous impose.
Le titre lui-même dit beaucoup. Il associe l’adolescence, la mode et la rébellion, non pas comme trois sujets séparés, mais comme trois dimensions qui se répondent. À cet âge, un vêtement peut être un uniforme pour se fondre dans un groupe, un déguisement pour essayer une autre version de soi, une armure ou une déclaration d’indépendance.
De Sofia Coppola à Louise Bourgeois : plusieurs générations de regards
Le parcours fait dialoguer des disciplines et des époques différentes, avec notamment des œuvres de Louise Bourgeois, Sofia Coppola, Martin Margiela, Simone Rocha ou encore Jenny Fax. Ce choix permet de ne pas enfermer le sujet dans une seule esthétique.
Chez Sofia Coppola, l’adolescence féminine est souvent un territoire suspendu entre ennui, désir d’ailleurs, sororité et enfermement. La mode, chez Martin Margiela ou Simone Rocha, peut jouer avec les silhouettes attendues, les souvenirs d’enfance, la fragilité apparente et la puissance cachée. Quant à Louise Bourgeois, son œuvre rappelle combien les souvenirs, le corps, la famille et l’identité peuvent continuer à travailler une vie entière.
L’exposition se déploie en cinq sections thématiques. Elle interroge les habits qui contraignent ou libèrent, les archétypes que les artistes détournent, les images diffusées par les magazines, mais aussi l’ennui, la rêverie et les objets ordinaires qui composent l’univers adolescent.
La mode n’est jamais « juste un vêtement »
Les adultes ont parfois tendance à minimiser l’importance d’un jean, d’une paire de chaussures, d’une coiffure ou d’un maquillage. Pourtant, à l’adolescence, l’apparence devient l’un des premiers langages que l’on peut manipuler soi-même.
On peut s’habiller comme ses amies pour appartenir au groupe. Changer brusquement de style pour s’en distinguer. Porter un vêtement trop grand pour disparaître, très voyant pour être vue, ou simplement confortable pour pouvoir oublier son corps quelques heures. La mode peut enfermer les filles dans des injonctions, mais elle peut aussi leur offrir un terrain d’expérimentation et d’émancipation.
Cette tension résonne avec une question que l’on retrouve jusque dans les rayons pour enfants : pourquoi propose-t-on encore si souvent aux filles des vêtements plus courts, plus ajustés et moins fonctionnels que ceux destinés aux garçons ? Sur MintyWendy, nous avions déjà exploré cette question dans notre article consacré aux différences entre les shorts pour filles et pour garçons. L’exposition permet d’élargir la réflexion : qui décide de ce qu’une fille doit porter, et que raconte ce vêtement à sa place ?
Une exposition pensée aussi avec des adolescents
Le projet a d’abord été conçu par le MoMu, le Musée de la Mode d’Anvers, avant d’être adapté pour le Grand Palais. Point particulièrement précieux : l’exposition a été élaborée en dialogue avec des adolescentes et des adolescents, dans une démarche inclusive attentive à la diversité des genres et aux personnes LGBTQIA+.
Ce détail change beaucoup de choses. Parler des jeunes sans jamais leur donner la parole est précisément l’un des travers que le sujet cherche à déconstruire. Ici, les adolescents ne sont pas seulement les objets d’un regard adulte : ils participent à la conversation.
Cela ne signifie pas que toutes les tensions disparaissent. Une exposition sur les représentations reste toujours une sélection, avec ses choix et ses angles morts. Mais elle peut créer un espace rare : celui où parents et enfants regardent la même image et n’y voient pas forcément la même chose.
Pourquoi la visiter avec une préado ou une adolescente ?
Girls n’est pas annoncée comme une exposition spécifiquement destinée aux enfants. Elle peut néanmoins devenir une très belle sortie avec une préado ou une adolescente, surtout si on évite de transformer la visite en cours magistral sur « ce que vivent les jeunes filles ».
On peut simplement laisser surgir les questions :
- Quelle image te ressemble le plus, ou le moins ?
- Est-ce que les adultes comprennent bien ce que signifie être adolescente aujourd’hui ?
- Quels vêtements te donnent confiance ?
- Est-ce qu’on demande la même chose aux filles et aux garçons ?
- Quelle différence fais-tu entre s’intégrer à un groupe et se conformer ?
- Qui contrôle aujourd’hui l’image des adolescentes : les marques, les réseaux sociaux, les adultes ou les filles elles-mêmes ?
Le plus intéressant sera peut-être de ne pas chercher les « bonnes réponses ». Une mère et sa fille peuvent reconnaître des choses très différentes dans une photographie, un vêtement ou un extrait de film. C’est justement là que la visite devient une conversation plutôt qu’une leçon.
Le conseil MintyWendy
Avant la visite, ne présentez pas nécessairement l’exposition comme « une expo sur les problèmes des adolescentes ». Parlez plutôt d’une exposition sur la mode, les images, le cinéma et les différentes manières d’être fille. Cela laisse davantage de place à la curiosité et beaucoup moins à l’impression d’être analysée.
Informations pratiques
- Exposition : Girls. Adolescence, mode et rébellion
- Dates : du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027
- Lieu : Grand Palais, Galeries 8, entrée Square Jean Perrin, 17 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris
- Horaires : du mardi au dimanche, de 10 h à 19 h 30 ; nocturne le vendredi jusqu’à 22 h
- Tarifs annoncés : 15 € en plein tarif, 12 € en tarif réduit ; gratuit pour les moins de 18 ans, les demandeurs d’emploi, les visiteurs en situation de handicap, les scolaires et certains titulaires de pass
- Billetterie : ouverture annoncée le 6 octobre 2026
- Accessibilité : exposition accessible aux personnes à mobilité réduite
Consulter la page officielle et réserver sur le site du Grand Palais.
Questions fréquentes
Quand a lieu l’exposition Girls au Grand Palais ?
L’exposition Girls. Adolescence, mode et rébellion est présentée du 9 décembre 2026 au 21 mars 2027 au Grand Palais à Paris.
L’exposition est-elle adaptée aux adolescentes ?
Le Grand Palais ne la présente pas comme une exposition exclusivement destinée au jeune public. Son sujet, son approche pluridisciplinaire et le fait qu’elle ait été conçue en dialogue avec des adolescents peuvent toutefois en faire une sortie particulièrement intéressante avec une préado ou une adolescente. Les familles peuvent consulter la programmation culturelle et les éventuelles recommandations d’âge avant la visite.
Que peut-on voir dans l’exposition ?
Le parcours rassemble des œuvres d’art, des vêtements, des accessoires, des photographies, des extraits de films, des archives et des objets du quotidien. Cinq sections thématiques explorent les représentations de l’adolescence féminine, la mode, les archétypes, l’ennui, la rêverie et la rébellion.
Quels artistes sont présentés ?
Le Grand Palais cite notamment Louise Bourgeois, Sofia Coppola, Martin Margiela, Simone Rocha et Jenny Fax parmi les artistes et créateurs présents dans le parcours.
L’entrée est-elle gratuite pour les moins de 18 ans ?
Oui, d’après les informations actuellement publiées par le Grand Palais, l’entrée est gratuite pour les moins de 18 ans. Il est conseillé de vérifier les modalités de réservation sur le site officiel avant la visite.
Sources : Grand Palais — page officielle de l’exposition ; GrandPalaisRmn — espace presse.