À mesure que le lait maternel devient un sujet central dans l’écosystème de la maternité, ces questions reviennent de plus en plus souvent. Entre groupes Facebook, témoignages de mères “surproductrices” et inquiétudes liées aux laits infantiles, les repères se brouillent.
Un phénomène récemment mis en lumière par Le Parisien, qui décrit des groupes où des mères échangent ou vendent du lait, parfois sans aucun contrôle sanitaire.
La loi, pourtant, est très claire : En France, le lait maternel est considéré comme un élément du corps humain. À ce titre, il ne peut pas être commercialisé : le vendre est interdit, au nom d’un principe fondamental du droit, celui de la non-patrimonialité du corps humain.
En revanche, le don est autorisé… mais pas n’importe comment. Il est strictement encadré et passe par un circuit médical sécurisé : celui des lactariums.
Les lactariums : un pilier indispensable des hôpitaux
En France, les lactariums sont des structures médicales spécialisées dans la collecte, l’analyse, la pasteurisation et la distribution du lait maternel.
Leur mission est claire : fournir du lait humain sécurisé aux bébés qui en ont le plus besoin, notamment les prématurés.
Une réalité souvent ignorée, alors que, comme le rappelle Le Parisien : “Le lait maternel devient un médicament pour les nouveau-nés les plus fragiles.”
Chaque don suit un protocole strict :
- entretien médical de la donneuse
- analyses biologiques
- contrôle des conditions de tirage et de conservation
- pasteurisation du lait
Le lait maternel devient alors un produit de santé. Pas un simple “don entre mamans”.
Pourquoi la vente de lait maternel est interdite en France
Ce point est souvent mal compris : il est interdit de vendre son lait maternel en France avec une peine encourue allant jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
Cette interdiction repose sur un fondement juridique très clair : le lait maternel est considéré comme un produit du corps humain.
Et en droit français, le corps humain obéit à un principe fondamental :
Le principe de non-patrimonialité du corps humain.
Autrement dit :
- le corps humain et ses éléments ne peuvent pas faire l’objet d’un commerce
- ils ne peuvent être ni vendus, ni exploités à des fins lucratives
Ce principe vise à éviter toute forme de marchandisation du corps.
Le marché parallèle du lait maternel : ce que révèlent les témoignages récents
Depuis les récents scandales liés aux laits infantiles contaminés, une inquiétude grandissante s’est installée chez certains parents. Résultat : sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, des groupes se sont développés pour mettre en relation des mères ayant trop de lait avec celles qui en manquent.
Sur le papier, cela ressemble à un élan de solidarité. Dans la réalité, c’est beaucoup plus complexe.
- La peur des laits industriels après les contaminations
- Le refus de “gaspiller” un lait jugé précieux
- Une entraide entre mères, souvent sincère
Mais les professionnels de santé alertent : donner du lait maternel en dehors d’un cadre médical présente des risques réels.
- Transmission de virus ou bactéries
- Absence de dépistage des donneuses
- Problèmes de conservation et de transport
Une étude américaine a même montré que 74 % des échantillons de lait maternel achetés en ligne étaient contaminés.
Pourquoi une donnée américaine, parce qu'en France la vente étant interdite et les dons entre particuliers non réglementés, on n'a pas accès à ces données.
La vente de lait maternel entre particuliers est strictement interdite et peut être punie de 5 ans de prison et 75 000 € d’amende.
La seule alternative sécurisée reste le don via un lactarium : un circuit encadré, où le lait est testé, pasteurisé et destiné en priorité aux bébés les plus fragiles.
Autrement dit : entre solidarité et risque, la frontière est fine… et c’est précisément pour cela que les lactariums existent.
Il faut aussi regarder ce phénomène avec honnêteté.
Si ces pratiques existent, ce n’est pas par hasard.
Comme l’explique une mère interrogée dans Le Parisien : “Ça me rendait malade de jeter mon lait dans l’évier, c’est trop précieux.”
Depuis plusieurs années, le lait maternel est présenté comme la meilleure option.
Et doucement, une idée s’installe :
“Si je peux donner du lait maternel à mon enfant, je dois le faire.”
Quitte à :
- acheter du lait sur internet
- faire confiance à une inconnue
- mettre de côté les risques
Et c'est là que l'on tombe dans les dérives.
Les risques réels du lait maternel non encadré
Les médecins alertent fortement.
Comme le rappelle la pédiatre Sandra Brancato : “On ne peut pas donner son lait à la voisine du coin.”
Contrairement au lait collecté en lactarium, le lait échangé entre particuliers ne bénéficie d’aucun contrôle :
- aucune garantie sur la santé de la donneuse
- aucune traçabilité
- aucune sécurité sur la conservation
La confiance ne remplace pas un protocole médical.
Pourquoi les lactariums restent la seule alternative sécurisée de dons
Dans cet écosystème, les lactariums jouent un rôle essentiel :
- ils permettent un don encadré, éthique et sécurisé
- ils garantissent une qualité sanitaire irréprochable
- ils priorisent les bébés les plus vulnérables
Donner son lait via un lactarium, ce n’est pas seulement “donner”. C’est participer à une chaîne de soin.
🍼 80 € le litre : le vrai prix du lait maternel ?
En France, le lait maternel issu des lactariums est facturé 80 € par litre (arrêté du 18 mars 2009), un tarif fixé par arrêté ministériel et remboursé par la Sécurité sociale sur prescription médicale.
Mais ce chiffre ne reflète pas la “valeur” du lait.
Car ce lait est donné gratuitement par des mères.
En réalité, ces 80 € correspondent au coût (partiel) de :
- l’analyse médicale,
- la pasteurisation,
- la conservation,
- et la distribution sécurisée du lait.
👉 Le coût réel dépasse souvent 100 € par litre.
Autrement dit :
ce que l’on paie, ce n’est pas le lait…
c’est la sécurité autour de ce lait.
Ce qu’il faut retenir
- non, tous les laits maternels ne sont pas interchangeables sans contrôle
- non, la sécurité ne peut pas reposer uniquement sur la confiance
- oui, il existe un cadre médical solide : les lactariums
Le meilleur pour un bébé, ce n’est pas seulement ce qui est naturel. C’est ce qui est sûr.
FAQ – Lait maternel, lactariums et législation
Peut-on donner son lait maternel ?
Oui, le don de lait maternel est autorisé en France, mais uniquement dans un cadre médical encadré, via les lactariums.
Pourquoi la vente de lait maternel est-elle interdite ?
Parce que le lait maternel est considéré comme un élément du corps humain, qui ne peut pas être commercialisé selon le principe de non-patrimonialité du corps humain.
Les échanges entre particuliers sont-ils autorisés ?
Ils ne sont pas encadrés et fortement déconseillés en raison des risques sanitaires importants.
Comment donner son lait à un lactarium ?
Il suffit de contacter un lactarium proche : un entretien médical et des analyses seront réalisés avant validation du don.