Il y a des activités qu’on laisse derrière soi sans vraiment s’en rendre compte. Le ski, pour moi, faisait partie de celles-là. Les années passent, les priorités changent, et un jour on se retrouve en bas des pistes… à attendre son enfant.
Pendant plusieurs années, j’ai regardé ma fille partir skier avec une petite pointe de nostalgie. Mais cette année, j’ai décidé de faire quelque chose de simple : rechausser les skis.
Après plus de vingt ans.
Le premier pas… et le déclic
On se pose mille questions avant de s’élancer.
Est-ce que je vais encore savoir faire ?
Est-ce que je vais tomber ?
Est-ce que je ne vais pas me ridiculiser ?
Et puis arrive le moment où on chausse les skis.
La sensation revient immédiatement : le pied compressé dans une chaussure bien trop rigide, qui semble couper la circulation du sang… mais qui permet aussi de ne faire qu’un avec ses skis.
Et là, premier mouvement.
Le fameux pas de patineur pour avancer vers la piste.
Et soudain, c’est presque troublant : le corps se souvient.
À ma grande surprise, rien n’était vraiment perdu. Les réflexes reviennent naturellement. Les appuis, l’équilibre, la façon de se laisser glisser. Comme si toutes ces années n’avaient été qu’une pause.
Le vrai plaisir : skier en famille
La meilleure surprise n’est pourtant pas technique.
C’est le plaisir de partager.
Au lieu d'attendre en bas de la piste, j'ai pu partir en vadrouille avec ma copine et ma fille!
J'ai pu y voir ses progrès, la suivre, parfois tenter de la rattraper (c'était mort). La regarder prendre confiance.
Et vivre l’activité avec elle, plutôt qu’à côté.
C’est un petit changement, mais il transforme complètement l’expérience.
Parenthèse snowboard (ou comment manger beaucoup de neige)
Dans un moment d’optimisme un peu naïf, je me suis aussi dit :
« Après tout, je fais du longboard, le snowboard devrait être facile. »
Spoiler : pas du tout.
En une heure, j’ai probablement mangé plus de neige que de raclette pendant tout le séjour.
Ce qui en dit long sur le nombre de chutes réalisées.
Le snowboard attendra. Pour l’instant, je vais rester fidèle aux skis.
Les cuisses… parlons-en
S’il y a bien une chose que mon corps m’a rappelée très vite, c’est que le ski travaille énormément les cuisses.
Après quelques descentes, la brûlure s’installe. Cette sensation bien connue qui vous fait comprendre que vos quadriceps n’ont pas vu un effort pareil depuis longtemps.
Avec le recul, une petite préparation préalable des cuissots n’aurait pas été de trop.
Donc si l’idée de rechausser les skis vous traverse l’esprit, voici un conseil simple :
remusclez un peu les cuisses avant.
La vous du futur vous remerciera.
Savoir s’écouter
Il y a aussi une chose importante quand on reprend une activité après longtemps :
ce n’est pas une compétition.
Si ça commence à tirer trop fort, on s’arrête. On respire. On profite du paysage.
Inutile de pousser le corps au-delà du raisonnable.
Et surtout, on n’oublie pas la petite séance d’étirements après la session pour détendre les muscles et éviter de marcher comme un robot le lendemain.
Oser remonter sur les skis
Au final, cette reprise m’a appris une chose simple :
on se sous-estime souvent.
Certaines sensations restent gravées très longtemps. Et parfois, il suffit juste d’oser faire le premier pas pour s’en rendre compte.
Alors si vous avez skié il y a longtemps et que l’idée vous trotte dans la tête…
N’attendez pas vingt ans de plus.
Rechaussez les skis. Vos jambes râleront peut-être un peu, mais votre cerveau, lui, se souviendra très bien comment faire.