Et si, demain, les hommes pouvaient choisir une contraception de longue durée, sans hormones et potentiellement réversible ? C’est l’ambition de STEOM, un dispositif développé à Lille que l’on surnomme déjà le « stérilet masculin ». Une innovation qui pose une question bien plus vaste que celle de la technologie : pourquoi la contraception repose-t-elle encore si souvent sur les femmes ?
STEOM, le « stérilet masculin » imaginé à Lille
À l’origine du projet, la médecin andrologue Julie Prasivoravong, accompagnée notamment de l’ingénieure Jessica Schiro et de Dominique Prasivoravong. Soutenu par l’écosystème hospitalier et scientifique lillois, STEOM veut proposer une option entre le préservatif, utilisé à chaque rapport, et la vasectomie, considérée comme une contraception définitive.
Le surnom de « stérilet » est parlant, mais imparfait : contrairement au dispositif intra-utérin féminin, STEOM n’est évidemment pas placé dans un utérus. Son terrain d’action est le canal déférent, ce conduit qui transporte les spermatozoïdes.
Comment fonctionnerait cette contraception masculine ?
Le principe annoncé est mécanique : un petit implant agirait sur le trajet des spermatozoïdes pour empêcher leur présence dans l’éjaculat. Il ne s’agit ni d’une pilule ni d’un traitement hormonal. La production de spermatozoïdes continuerait, tandis que leur transport serait modifié.
Le projet vise une pose peu invasive, sous anesthésie locale, une protection de plusieurs années et la possibilité de retirer le dispositif. Mais ce sont à ce stade des objectifs, et non des résultats démontrés chez l’être humain. La durée d’efficacité, les complications possibles, le confort, le retour de la fertilité et les conséquences à long terme devront être établis par des études.
Pourquoi est-ce différent d’une vasectomie ?
La vasectomie empêche également les spermatozoïdes de rejoindre le sperme, mais elle est conçue comme une méthode définitive. Une intervention de réparation peut parfois être tentée, sans garantie de retrouver une fertilité. STEOM, lui, cherche précisément à rendre le blocage mécanique réversible par retrait de l’implant. Toute la difficulté scientifique consiste à prouver que ce retrait permettra effectivement un retour fiable de la fertilité, sans lésion durable.
Où en est STEOM en octobre 2026 ?
Le projet a été distingué au concours d’innovation du Pôle universitaire d’innovation de Lille en 2024. En 2026, il a reçu le Grand Prix i-Lab, accompagné d’un financement de 500 000 euros destiné à accélérer son développement. Selon un entretien publié en octobre 2026, les essais précliniques ont commencé et l’équipe espère de premiers tests chez l’humain vers 2028-2029. D’autres communications évoquent un calendrier plus tardif : aucune date d’essais cliniques ou de commercialisation n’est garantie.
La contraception, une charge mentale encore largement féminine
Choisir une méthode, prendre rendez-vous, supporter les éventuels effets indésirables, renouveler une ordonnance, penser aux oublis, gérer la peur d’une grossesse non désirée : derrière la contraception se cache un travail souvent invisible. Le sujet ne se résume pas à une opposition entre hommes et femmes. Il concerne la liberté de choisir, les contraintes médicales et le partage réel des responsabilités dans le couple.
Une contraception masculine réversible et durable ne ferait pas disparaître toutes ces questions. Elle pourrait cependant élargir les possibilités de décision, notamment lorsque les contraceptions féminines sont mal tolérées ou simplement non souhaitées. Et c’est déjà une perspective réjouissante.
Quelles solutions existent aujourd’hui pour les hommes ?
- Le préservatif externe : accessible, sans hormones, il contribue aussi à prévenir les infections sexuellement transmissibles (IST).
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La vasectomie : une méthode très efficace mais à envisager comme définitive, avec un délai et un suivi médical.
- Les méthodes hormonales et thermiques : elles font l’objet de recherches ou de pratiques encadrées, mais ne disposent pas toutes d’une validation et d’une disponibilité comparables aux méthodes établies.
En France, le ministère de la Santé rappelait encore en août 2026 que l’offre masculine courante repose principalement sur le préservatif et la vasectomie. Le développement de nouvelles options exige des preuves solides d’efficacité, de sécurité et d’acceptabilité.
Une innovation prometteuse, mais les preuves doivent suivre
Les annonces de contraception masculine suscitent régulièrement beaucoup d’espoir. Il faut pourtant distinguer un prototype ingénieux d’un dispositif médical validé. Pour STEOM, les questions essentielles sont concrètes : empêchera-t-il réellement les grossesses ? Pendant combien de temps ? Avec quels risques ? Et la fertilité reviendra-t-elle après retrait ?
Questions fréquentes
Le stérilet masculin STEOM est-il déjà disponible ?
Non. En octobre 2026, il est encore en développement préclinique.
STEOM contient-il des hormones ?
Non, son mécanisme annoncé est mécanique et non hormonal.
La contraception STEOM serait-elle réversible ?
C’est l’objectif de ses concepteurs, mais la réversibilité chez l’humain reste à démontrer.
Protège-t-il des IST ?
Non. Un dispositif agissant sur le transport des spermatozoïdes ne remplace pas le préservatif pour la prévention des IST.