La solitude du dirigeant est un paradoxe. On est entouré de clients, d’équipes, de partenaires… et pourtant seul au moment des décisions qui comptent.
Intuitivement, beaucoup de dirigeants pensent que pour se protéger, il faut :
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garder ses sujets pour soi et faire bonne figure
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ne pas trop en dire pour ne pas voir les opportunités volées
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attendre d’avoir “la solution” avant d’échanger, pour rester dans le paraitre.
C’est compréhensible.
Et pourtant, c’est souvent l’inverse qui permet de sortir de l’isolement.
Partager n’affaiblit pas le dirigeant. Il le rend plus lucide.
Oser parler dans un groupe de pairs (ou un Crew, comme j'aime à les appeler) qui travaille dans le même secteur ou avec des problématiques similaires; ne consiste pas à exposer ses failles. Cela consiste à mettre de la clarté là où, seul, tout se mélange.
Ce qui change quand on partage :
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on découvre que certaines difficultés sont structurelles, pas personnelles
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on met des mots sur ce qui restait flou
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on prend du recul sans perdre la main sur la décision
Le groupe ne décide pas à votre place. Il vous aide à mieux décider.
Donner avant de recevoir : le vrai déclencheur
Ce qui surprend souvent les dirigeants, c’est que le bénéfice ne vient pas seulement de ce qu’on reçoit, mais de ce que l’on donne.
Partager une expérience, un échec, un arbitrage difficile :
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crée de la confiance
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autorise les autres à parler à leur tour
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installe un cadre d’échange authentique
Un crew ne fonctionne pas sur la consommation d’idées, mais sur la réciprocité.
Pourquoi un conseiller ne remplace pas un crew (et inversement)
C’est une confusion fréquente.
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Le conseiller apporte du cadre, de la méthode, du recul externe.
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Le crew apporte de l’expérience vécue, du miroir, de la résonance.
Le conseiller structure la réflexion.
Le crew normalise la réalité.
- Les deux sont complémentaires.
Dans mon positionnement, je ne cherche pas à :
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me substituer à des pairs
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devenir le seul point d’appui du dirigeant
Au contraire : j’aide les dirigeants à ne plus être seuls face à leurs décisions.
Que retenir?
Sortir de la solitude du dirigeant ne passe pas par plus de contrôle, mais par plus de partage choisi.
Former ou rejoindre un crew, c’est accepter une idée simple mais puissante : on décide mieux quand on n’est pas seul à réfléchir.
Et c’est souvent ce pas; contre-intuitif mais structurant; qui change durablement la façon de diriger.