GENER8ION : qui se cache derrière Storm, le clip qui ressemble à un court-métrage sous tension ?
Storm, le nouveau projet de GENER8ION avec Yung Lean, appartient clairement à la catégorie des clips qui vous arrête net dans votre scroll.
Sept minutes trente de tension, de chorégraphie collective, de pensionnat futuriste et de malaise élégant.
Sorti le 24 avril 2026, Storm I & II est autant une sortie musicale qu’un objet visuel. Un court-métrage réalisé par Romain Gavras, chorégraphié par Damien Jalet, porté par Yung Lean et construit autour de l’univers de GENER8ION, projet mené par le producteur français Surkin.
Et si vous aimez les œuvres qui dérangent un peu, fascinent beaucoup, et donnent envie de les revoir immédiatement pour comprendre ce qu’on vient de traverser, il y a de grandes chances que Storm vous accroche.
GENER8ION, c’est qui exactement ?
Derrière GENER8ION, est un projet collaboratif pluri-disciplinaire emmené par le producteur et compositeur Surkin et par le réalisateur Romain Gavras. GENER8ION fonctionne comme un laboratoire esthétique : musique, cinéma, mode, image, anticipation, corps en mouvement.
On n’est pas seulement dans “un artiste sort un single”. On est plutôt dans : un univers se déploie. Une sorte de dystopie pop, froide et magnétique, où chaque image semble pensée comme une affiche de film.
Romain Gavras, cinéaste, connu pour ses clips puissants et ses films très physiques comme Athena, partage avec Surkin ce goût pour les images collectives, les tensions sociales et les scènes où le mouvement devient presque politique.
Storm : un clip, ou plutôt un court-métrage
Storm I & II met en scène Yung Lean (rappeur suédois ) dans un pensionnat de garçons à l’esthétique très britannique, mais projeté dans une atmosphère futuriste et inquiétante. Les adultes semblent absents. Les enfants sont livrés à eux-mêmes. Le groupe devient une force. La hiérarchie se dessine sans qu’un mot soit nécessaire.
On pense à Sa Majesté des mouches, aux récits d’internats cruels, aux bandes d’adolescents qui fabriquent leurs propres règles, ou plus récemment encore, à Adolescence de Steven Graham.
Mais avec la grammaire visuelle de Gavras : des corps, des foules, du rythme, du chaos parfaitement organisé.
Le plus troublant, c’est que tout est beau. Trop beau, presque. Les uniformes, les visages, les mouvements, les escaliers, la chorégraphie. Comme souvent chez Gavras, l’image attire avant de mettre mal à l’aise.
La chorégraphie de Damien Jalet : quand le corps raconte ce que les mots taisent
"66 danseurs (dont plus de la moitié pour qui c’était une première expérience professionnelle)
7 lignes
2 jours de répétitions avec eux
4 assistants incroyables pour rendre tout cela possible
8 prises pour la scène de danse en extérieur
2 cravates manquantes à la dernière minute"
La chorégraphie de Storm est signée Damien Jalet, chorégraphe franco-belge connu pour son travail très organique, souvent spectaculaire, où les corps forment des masses, des rituels, des vagues humaines.
Ici, la danse n’est pas une décoration. Elle raconte la contagion du groupe. La domination. L’excitation collective. Le moment où une bande cesse d’être une somme d’individus pour devenir une seule créature.
Ce qui rend Storm si fort, c’est précisément cette ambiguïté : on est fasciné par la beauté du mouvement, tout en sentant que quelque chose dérape. Comme si la chorégraphie disait : regardez comme l’ordre peut devenir inquiétant quand il est trop parfait.
Voici des images des coulisses et répétition du tournage du clip, extrait du compte de Damien Jalet:
Romain Gavras : le maître du chaos millimétré
Romain Gavras a construit une partie de sa signature sur des images de groupes en tension. Des foules, des affrontements, des corps qui courent, qui dansent, qui se heurtent. Ses clips pour M.I.A., Justice ou Kanye West et Jay-Z ont marqué la culture visuelle des années 2000 et 2010.
Avec Storm, il retrouve cette obsession du collectif. Mais cette fois, le décor du pensionnat ajoute une couche très particulière : celle de l’enfance, de l’éducation, du prestige social, de la violence sous vernis impeccable.
Et c’est là que le clip devient passionnant à regarder avec un œil de parent. Non pas parce qu’il “parle parentalité” au sens classique. Mais parce qu’il touche à quelque chose de plus profond : la fabrication des normes, la pression du groupe, la brutalité qui peut naître dans les systèmes fermés.
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Les anciens tubes de GENER8ION : M.I.A., 070 Shake et l’art du clip événement
GENER8ION n’arrive pas de nulle part. Le projet s’était déjà fait remarquer avec The New International Sound Pt. II, en collaboration avec M.I.A., sorti en 2015. Le clip, réalisé par Iñigo Westmeier et produit avec l’implication de Romain Gavras et Iconoclast, montrait des milliers d’élèves de l’école Shaolin Tagou en Chine. Déjà, le collectif, la discipline et la puissance visuelle étaient au centre.
En 2021, GENER8ION revenait avec Neo Surf, en collaboration avec 070 Shake, cette fois réalisé par Romain Gavras. Là encore, l’image ne servait pas seulement à accompagner la musique : elle lui donnait une dimension cinématographique. Le clip a d'ailleurs été projeté à la Bourse du commerce à Paris sur plusieurs jours dans le cadre d'une exposition "Cycle at large'.
Une musique qui m'a obsédée, tout comme Mourad Winter qui l'a utilisée pour son merveilleux premier long métrage "l'amour, c'est surcoté".
Avec Storm, on a donc l’impression d’un retour à cette grande obsession : comment filmer une génération ? Comment montrer un groupe ? Comment transformer une chanson en scène mentale qu’on n’oublie pas tout de suite ?
Pourquoi Storm fascine autant ?
Parce que Storm coche plusieurs cases rares à la fois.
- Une vraie proposition visuelle : on reconnaît l’univers dès les premières secondes.
- Une tension narrative : il se passe quelque chose, même quand personne ne parle.
- Une chorégraphie mémorable : le mouvement devient le langage principal.
- Une ambiguïté morale : on ne sait jamais exactement si l’on admire, si l’on craint, ou les deux.
- Une esthétique très Gavras : spectaculaire, frontale, collective, impossible à regarder distraitement.
Dans une époque où beaucoup de contenus sont conçus pour être consommés d’un pouce distrait, Storm impose l’inverse : il demande de regarder. Vraiment. Jusqu’au bout.
FAQ : GENER8ION et Storm
Qui est GENER8ION ?
GENER8ION est un projet artistique et musical porté par le producteur français Surkin. Il mêle musique électronique, cinéma, esthétique futuriste et collaborations visuelles fortes, notamment avec Romain Gavras.
Qui réalise le clip Storm ?
Le court-métrage musical Storm I & II est réalisé par Romain Gavras, cinéaste français connu pour ses clips marquants et ses films très visuels comme Athena.
Qui chante dans Storm de GENER8ION ?
Storm I & II est une collaboration entre GENER8ION et Yung Lean, artiste suédois à l’univers très singulier, entre rap, chant mélancolique et culture alternative.
Qui a chorégraphié Storm ?
La chorégraphie de Storm est signée Damien Jalet, chorégraphe reconnu pour son travail puissant sur les mouvements collectifs et les corps en tension.
Pourquoi le clip Storm fait-il autant parler ?
Parce qu’il ne ressemble pas à un clip classique. Avec sa durée de court-métrage, son décor de pensionnat futuriste, sa chorégraphie collective et sa réalisation très cinématographique, Storm crée une expérience visuelle forte et dérangeante.