Lire un roman, écouter un podcast, suivre une formation gratuite en ligne, découvrir une nouvelle technologie, comprendre un secteur qui nous intrigue… Et si tout cela faisait aussi partie du soin que l’on prend de soi quand on est parent ?
On parle souvent du temps que les parents doivent consacrer à leurs enfants. Les devoirs, les rendez-vous, les repas, les lessives, les trajets, les émotions à contenir, les crises à traverser, les vacances à organiser, les chaussettes à retrouver.
Mais on parle moins de ce moment étrange où l’on réalise que notre cerveau d’adulte a lui aussi besoin d’espace. Pas seulement de repos. Pas seulement de sommeil, même si ce serait déjà merveilleux. Mais aussi de nouveauté, de curiosité, de stimulation, d’idées fraîches.
Apprendre quelque chose de nouveau, ce n’est pas “en faire plus”
Quand on est déjà fatigué, l’idée de “se former” peut sembler presque absurde. Encore une chose à ajouter à la liste ? Encore un objectif ? Encore une case à cocher ?
Mais il y a une différence entre se mettre la pression et nourrir sa curiosité.
Apprendre quelque chose de nouveau peut aussi être une forme de respiration. Une manière de sortir du tunnel quotidien. Une façon de se rappeler que l’on existe aussi en dehors des courses, des mails, des horaires d’école et des machines à lancer.
Il ne s’agit pas forcément de préparer une reconversion, d’obtenir un diplôme ou d’optimiser sa carrière. Parfois, il s’agit simplement de se dire :
- “Tiens, ce sujet m’intéresse.”
- “J’aimerais comprendre comment ça fonctionne.”
- “Je n’y connais rien, mais ça m’intrigue.”
- “Et si je prenais une heure pour apprendre quelque chose juste pour moi ?”
Le cerveau des parents a besoin de nouveauté
La parentalité peut être très intense, mais aussi très répétitive. On refait souvent les mêmes gestes, les mêmes trajets, les mêmes arbitrages. On anticipe, on organise, on sécurise. Le cerveau devient extrêmement performant pour gérer le quotidien, mais il peut aussi finir par tourner en boucle.
La nouveauté vient casser cette boucle.
Découvrir un nouveau sujet, suivre un cours en ligne, écouter une conférence ou se plonger dans un univers inconnu stimule notre attention autrement. Cela remet du mouvement dans la pensée. Cela peut redonner une sensation d’élan, de compétence, de liberté intérieure.
Les neurosciences parlent notamment de neuroplasticité : la capacité du cerveau à créer, renforcer ou réorganiser certaines connexions au fil des expériences, des apprentissages et de la pratique. Autrement dit, notre cerveau n’est pas figé une fois adulte. Il continue à apprendre.
La réserve cognitive, c’est quoi ?
La réserve cognitive désigne la capacité du cerveau à mobiliser différentes stratégies pour s’adapter, résoudre des problèmes ou compenser certaines difficultés. Elle se construit tout au long de la vie, notamment grâce à l’éducation, aux expériences, à la curiosité, aux échanges sociaux et aux activités mentalement stimulantes.
En clair : apprendre, lire, découvrir, pratiquer, discuter, se tromper et recommencer ne servent pas seulement à “savoir plus”. Cela entretient aussi notre agilité mentale.
Inside LVMH et le plaisir d’entrer dans un nouvel univers
J’ai récemment suivi la certification Inside LVMH – Creation & Branding, Retail & Client Experience. Et ce que j’ai aimé, au-delà de la certification elle-même, c’est le plaisir d’entrer dans un univers structuré, riche, exigeant, avec ses codes, son histoire, son vocabulaire et ses enjeux.
En l'occurence ce type de formation permet de mieux comprendre l’écosystème du luxe, la construction d’une marque, l’importance de l’héritage des Maisons, mais aussi la manière dont l’expérience client devient un sujet central.
Et c’est précisément ce qui rend ce type de contenu intéressant, en plus d'être gratuit, même si l’on ne travaille pas dans le luxe. On y apprend à regarder autrement la relation entre une marque et ses clients. On comprend mieux ce qui crée la confiance, la désirabilité, l’attachement, mais aussi l’exigence.
On se retrouve à être les élèves d'une Anne Michaut de HEC Paris, d'Emmanuela Prandelli de Bocconi University de Milan ou encore de Sandrine Crener de Harvard Business School qui viennent partager leur vision.
Coursera : apprendre depuis son canapé, mais ouvrir une fenêtre sur le monde
Parmi les plateformes que j’aime beaucoup pour nourrir sa curiosité, il y a Coursera. Le principe est simple : accéder en ligne à des cours proposés par des universités, des écoles et des entreprises du monde entier, sur des sujets très variés.
Ce que je trouve intéressant, c’est justement cette possibilité d’entrer dans un sujet sans forcément devoir reprendre des études, bloquer une semaine entière ou se déplacer à l’autre bout du monde. On peut être chez soi, entre deux obligations familiales ou professionnelles, et suivre un cours imaginé par une université américaine, une grande école européenne ou une entreprise spécialisée.
C’est une forme d’apprentissage très contemporaine : souple, accessible, fragmentable, mais aussi très stimulante. On peut regarder une vidéo le soir, prendre des notes le week-end, revenir sur un module, explorer un sujet que l’on n’aurait jamais osé aborder autrement.
Mon exemple : le design thinking avec l’Université de Virginie
J’ai par exemple obtenu un certificat sur le design thinking, un sujet qui m’intriguait depuis longtemps. J’en entendais parler dans les univers de l’innovation, du produit, de l’expérience client et de la stratégie, sans toujours savoir précisément ce que cela recouvrait.
J’ai donc suivi la formation Design Thinking for Innovation, proposée sur Coursera par la Darden School of Business de l’Université de Virginie.
Et j’ai adoré cette sensation assez magique : suivre, depuis mon chez moi, une formation d’une université américaine sur un sujet qui m’intriguait, sans avoir besoin de prendre l’avion, de m’inscrire à un cursus long ou de bouleverser mon quotidien.
Le design thinking m’a particulièrement parlé parce qu’il remet l’humain au centre. Avant de chercher une solution, on cherche à comprendre le problème. Avant de produire une réponse, on observe, on écoute, on reformule, on teste. C’est une manière de penser qui résonne énormément avec l’expérience client, la parentalité, l’entrepreneuriat, le produit, mais aussi avec la vie quotidienne.
Car au fond, combien de fois essayons-nous de “résoudre” un problème sans avoir vraiment pris le temps de comprendre ce qui se joue ?
Ce que Coursera apporte vraiment
Pour moi, l’intérêt de Coursera ne tient pas seulement au certificat que l’on peut ajouter à son CV ou à son profil LinkedIn. Ce n’est pas toujours le plus important.
Ce que cela apporte, c’est d’abord une permission : celle de redevenir débutant.
On peut choisir un sujet qui nous attire, même si l’on n’est pas expert. On peut se tromper, recommencer, avancer à son rythme. On peut découvrir un vocabulaire, une méthode, une façon de penser. On peut aussi se rendre compte qu’un sujet nous passionne davantage que prévu, ou au contraire qu’il ne nous correspond pas. Et c’est déjà une information utile.
Dans une vie de parent, cette souplesse compte énormément. Il n’est pas toujours possible de s’engager dans une formation longue ou de se rendre physiquement à des cours. Mais il est parfois possible de s’offrir une heure, ici ou là, pour apprendre quelque chose qui nous nourrit intellectuellement.
Coursera permet aussi de décloisonner son cerveau. On peut passer d’un cours sur l’intelligence artificielle à un module sur la psychologie, d’une introduction au marketing à une formation sur le développement durable, d’un sujet très professionnel à une pure curiosité culturelle.
Et c’est exactement cela qui me plaît : cette idée que l’apprentissage n’est pas réservé aux étudiants, aux experts ou aux personnes en reconversion. Il peut faire partie de la vie ordinaire. Il peut être une respiration. Une manière de rester curieux. Une façon de ne pas laisser son cerveau se réduire à la gestion du quotidien.
Et si l’apprentissage passait aussi par les mains ?
Apprendre en ligne ne veut pas forcément dire rester devant un écran à écouter une conférence ou prendre des notes. Cela peut aussi passer par le geste, la matière, la création.
C’est ce que j’aime beaucoup avec des plateformes comme Domestika, qui proposent des cours créatifs autour de l’illustration, de l’aquarelle, de la photographie, de la broderie, de la céramique, du design, du papier, de l’écriture ou encore du DIY.
Pour un parent, ces apprentissages manuels peuvent être particulièrement précieux. Ils permettent de sortir du mental pur, de retrouver le plaisir de faire avec ses mains, d’expérimenter sans forcément viser un résultat parfait.
Il y a quelque chose de très apaisant dans le fait de suivre un cours d’aquarelle, de modelage, de collage ou de dessin : on apprend, mais autrement. On observe, on reproduit, on teste, on rate, on recommence. Et parfois, c’est exactement ce dont le cerveau a besoin.
Parce que nourrir son cerveau, ce n’est pas seulement accumuler des connaissances. C’est aussi stimuler sa créativité, sa motricité fine, son attention, son rapport aux couleurs, aux formes, aux textures et au temps long.
Une formation créative en ligne peut alors devenir une vraie bulle : pas une obligation de plus, mais un moment pour soi. Une manière douce de se reconnecter à sa curiosité, à son imaginaire, et à cette partie de nous qui a encore envie d’apprendre en fabriquant quelque chose.
Pour les parents, apprendre peut être un acte de réappropriation
Il y a quelque chose de très puissant dans le fait de choisir un sujet qui n’a rien à voir avec les enfants.
Pas parce que les enfants ne comptent pas. Mais parce que nous avons aussi besoin de rester reliés à ce qui nous anime personnellement.
Quand on devient parent, une partie de notre cerveau est constamment occupée par les besoins des autres. Apprendre quelque chose pour soi permet de récupérer un petit territoire intérieur. Un endroit où l’on n’est pas en train d’anticiper, de gérer, de porter, de répondre.
On est juste en train de découvrir.
Et cette sensation peut faire énormément de bien.
Comment commencer sans se mettre la pression ?
Le piège serait de transformer cette idée en injonction supplémentaire. Il ne s’agit pas de devenir bilingue en trois mois, de suivre cinq formations en parallèle ou de rentabiliser chaque temps mort.
On peut commencer beaucoup plus simplement :
- choisir un sujet qui nous intrigue vraiment ;
- suivre un seul module, sans viser forcément la certification ;
- écouter une vidéo pendant une marche ou un trajet ;
- prendre des notes juste pour soi ;
- abandonner sans culpabilité si le sujet ne nous plaît pas ;
- alterner entre contenus professionnels, culturels et créatifs.
L’objectif n’est pas la performance. L’objectif, c’est de remettre de la curiosité dans le quotidien.
La micro-formation plaisir
Choisissez une formation comme vous choisiriez un livre de vacances : parce que le sujet vous attire. Pas parce qu’il “faut” le faire.
Un module sur le luxe, l’IA, la psychologie, la photographie, l’histoire de l’art, la nutrition, la négociation, la philosophie ou l’écriture peut devenir une vraie bulle mentale dans une semaine chargée.
Ce que cela change dans le quotidien
Apprendre quelque chose de nouveau ne résout pas la fatigue parentale. Cela ne remplace pas le repos, le soutien, le partage des tâches ou le besoin de temps vraiment libre.
Mais cela peut redonner une sensation précieuse : celle d’être encore en mouvement.
On peut être parent, fatigué, débordé parfois, et continuer à nourrir son cerveau. On peut aimer profondément ses enfants et avoir besoin de conversations qui parlent d’autre chose. On peut être dans une période très familiale de sa vie et rester curieux du monde, des idées, des marques, des technologies, de l’art, des sciences, des métiers, des récits.
Ce n’est pas égoïste. C’est même probablement nécessaire.
A retenir: apprendre pour rester vivant intellectuellement
Alors oui, une certification gratuite ouverte à tous ne rend personne exceptionnel.
Mais ce n’est peut-être pas le sujet.
Le sujet, c’est le plaisir d’apprendre encore. De se laisser surprendre. De comprendre un univers. De se reconnecter à sa curiosité. De se rappeler que notre cerveau n’est pas seulement là pour gérer le quotidien familial, mais aussi pour explorer, relier, imaginer, questionner.
Et si vous tombez sur une formation gratuite, un cours en ligne, une conférence, un podcast ou un sujet qui vous attire sans raison urgente : prenez-le comme un signe.
Votre cerveau aussi a peut-être besoin d’une sortie culturelle.
FAQ
Pourquoi apprendre de nouvelles choses quand on est parent ?
Parce que la parentalité mobilise énormément d’énergie mentale, souvent sur des tâches répétitives et organisationnelles. Apprendre quelque chose de nouveau permet de stimuler autrement son cerveau, de nourrir sa curiosité et de retrouver un espace personnel.
Est-ce qu’une formation en ligne peut vraiment être une activité culturelle ?
Oui. Une formation en ligne peut permettre de découvrir un univers, une discipline, une pensée, une technologie ou un métier. Comme un livre ou un podcast, elle peut nourrir la réflexion et ouvrir de nouvelles perspectives.
Faut-il forcément obtenir une certification ?
Non. Le certificat peut être utile dans un cadre professionnel, mais il n’est pas obligatoire. On peut aussi suivre une formation simplement pour apprendre, comprendre ou se cultiver.
Quelles plateformes permettent d’apprendre en ligne ?
Coursera, Domestika, edX, FutureLearn, OpenClassrooms, FUN MOOC ou certaines plateformes de marques et d’universités proposent des cours en ligne sur des sujets très variés. Certains contenus sont gratuits, d’autres payants, et certains certificats peuvent être en option. Attention, beaucoup n'offrent les formations qu'en anglais.
Comment choisir une formation quand on manque de temps ?
Le mieux est de choisir un sujet qui donne vraiment envie, puis de commencer petit : un module, une vidéo, une session courte. L’idée n’est pas de rajouter une contrainte, mais de retrouver du plaisir à apprendre.