Partager une activité avec son enfant, dépasser la peur du ridicule et oser après 40 ans
Je ne me suis pas mise au skate pour faire jeune (je met ma casquette à l'envers pour ca)
Ni pour être cool (je met mon walkman pour ca)
Ni pour prouver quoi que ce soit
Je me suis mise au skate parce qu’un jour, dans la rue, j’ai vu une petite fille passer en longboard. Elle avait une dizaine d’années. Elle glissait avec une facilité déconcertante. Et sans que je m’y attende, une image s’est imposée à moi : ma fille, Wendy.
À l’époque, elle avait cinq ans.
Et soudain, je n’ai pas imaginé elle sur une planche.
Je nous ai imaginées ensemble.

Partager des moments avec ses enfants : ne plus rester sur le trottoir
Être parent, c’est souvent rester sur le côté.
Regarder. Encourager. Applaudir. Porter les sacs.
Ce jour-là, j’ai compris que je n’avais pas envie d’être seulement celle qui attend sur le trottoir. J’avais envie de vivre l’expérience, de ressentir ce que ressentent les enfants quand ils découvrent, quand ils tombent, quand ils recommencent.
Alors j’ai essayé. J'ai osé.
Apprendre une nouvelle activité à l’âge adulte : la chute comme point de départ
Très vite, la réalité m’a rattrapée.
Je suis tombée. Violemment. Une vraie chute.
Et mon dos, déjà fragile à cause d’une ancienne blessure, me l’a rappelé sans détour.
À ce moment-là, deux options :
-
ranger la planche et me dire que ce n’était « pas pour moi »
-
ou me remettre et apprendre vraiment plutôt que d'improviser
J’ai choisi la deuxième.
Parce que commencer une nouvelle activité après 30 ou 40 ans, ce n’est pas une question de performance, c’est une question d’engagement envers soi.

La peur du ridicule quand on est adulte (et parent)
Je n’étais pas à l’aise.
Pas du tout.
Au début, je faisais tout pour me fondre dans le décor : casquette, lunettes, parfois même un masque. J'ai toujours détesté d'être vue, mais là c'était proche de l'homme invisible (le côté psycho en moins)
J’avais peur du regard des autres.
Peur d’avoir l’air ridicule.
Peur de ne pas être légitime.
Et puis, à force de rouler, j’ai compris une chose essentielle : les gens ne regardent pas. Ou alors pas comme on l’imagine. Et surtout, ce regard-là n’avait plus aucun poids face au plaisir que je ressentais.

Ce que j’ai transmis à ma fille sans jamais le verbaliser
En skantant, je n’ai jamais cherché à transmettre un message à ma fille.
Je ne lui ai rien expliqué.
Mais elle m’a vue :
-
tomber
-
hésiter
-
recommencer
-
progresser lentement
Elle m’a vue ne pas savoir, et continuer quand même.
Et ça, je crois que c’est l’un des messages les plus forts que l’on puisse transmettre à un enfant :
- on a le droit de ne pas savoir
- on a le droit d’essayer
- on a le droit de ne pas être le meilleur, mais juste de s'amuser!
Activités parents-enfants : quand tout le monde apprend ensemble
Sur une planche, je ne suis plus dans la transmission mais dans le partage
Je suis une personne qui apprend.
On est deux êtres humains face à quelque chose de nouveau.
Et cette égalité-là change tout.
Peu à peu, le skate est devenu un prétexte.
Un espace.
Un moment suspendu où l’on partage sans expliquer, sans corriger, sans diriger.

Oser à 40 ans : un effet miroir inattendu
Je ne m’y attendais pas, mais autour de moi, d’autres femmes ont commencé à s’y intéresser.
Des femmes qui se sont reconnues en moi. Pas sportive. Pas sûre d’elle.
Je crois que le fait de ne pas correspondre au cliché a rendu la chose possible.
Si je pouvais essayer, alors elles aussi.
Le skate est devenu un point de rencontre.
Un espace de soutien.
Une manière de se dire : on a le droit.

Quand les week-ends deviennent des moments de qualité en famille
Avant, les week-ends étaient faits de compromis.
Aujourd’hui, ils sont faits de mouvement.
Skate, vélo, trottinette, rollers.
Chacun son rythme.
Chacun sa glisse.
Mais surtout : ensemble.
Ce que le longboard m’apporte vraiment
Parfois je me sens puissante.
Parfois maladroite.
Parfois gracieuse.
Parfois ridicule.
Et parfois, j’oublie tout.
Je souris sans m’en rendre compte.
Je suis là. Vraiment là.

Se choisir aussi : oser pour soi
Pour mes 40 ans, je me suis offert une semaine entière autour de la planche.
Skate. Yoga. Surf. au Portugal aux côtés d'autres adultes, une retraite organisée par Valeriya Goguskaya au SurfCamp360, le Longboard Camp
Un espace rien qu’à moi.
Sans rôle à tenir.
Sans performance.
Juste l’expérience.
Et là j'y ai rencontré encore toute une communauté, internationale cette fois-ci, et depuis nous retrouvons, dans les pays des uns des autres, pour partager des moments ensemble.
Ce que cette expérience m’a appris
Que ce n’est jamais trop tard.
Que la peur du ridicule est souvent une illusion. Une relation à soi-même et pas aux autres.
Que partager une expérience vaut mille discours.
Et que nos enfants n’ont pas besoin de parents parfaits — seulement de parents vivants.
Je ne me suis pas mise au skate à 38 ans pour changer de vie.
Mais cette décision a profondément transformé la mienne.