Quand une émotion déborde, l’enfant (et parfois le parent) a l’impression que “ça ne finira jamais”. La technique de distance temporelle aide à remettre l’événement dans une perspective plus large : reconnaître l’émotion, puis se projeter dans le futur pour diminuer la détresse et la rumination.
Qu’est-ce que la distance temporelle ?
La distance temporelle consiste à se demander comment on se sentira plus tard face à un événement difficile (ce soir, demain, dans une semaine, dans un mois). Cette projection crée du recul, sans nier ce qui est vécu.
Pourquoi c’est utile pour les parents et les enfants
- Réduit l’intensité de la détresse en sortant du “tout, tout de suite”.
- Freine la rumination (tourner en boucle) en changeant de point de vue.
- Renforce la sécurité : “Je peux traverser cette émotion, elle va évoluer.”
La méthode en 3 étapes (simple et efficace)
1) Accueillir l’émotion (avant toute technique)
Commencez par nommer et valider : “Je vois que tu es très en colère / très triste.” L’objectif n’est pas de calmer vite, mais de créer un sentiment de compréhension.
2) Ouvrir une fenêtre sur le futur
Quand l’enfant est un peu plus disponible, proposez une projection courte :
- “À ton avis, comment tu te sentiras ce soir ?”
- “Demain, est-ce que ce sera aussi fort qu’aujourd’hui ?”
- “Dans une semaine, qu’est-ce qui aura changé ?”
3) Ancrer l’idée clé : l’émotion est réelle, et elle passe
Formules utiles : “C’est très dur maintenant.” / “Ton émotion va redescendre.” / “Tu n’as pas besoin d’aller mieux tout de suite.”
Exemple concret à utiliser à la maison
Situation : dispute à l’école, pleurs en rentrant.
Parent : “Je vois que ça te fait très mal.”
Puis : “On se reparle de ça ce soir : tu crois que ce sera aussi fort ? Qu’est-ce qui pourrait t’aider d’ici là ?”
Ici, on ne minimise pas. On aide l’enfant à se souvenir que l’émotion évolue avec le temps, et à repérer ce qui l’aide à la traverser.
Adapter selon l’âge
- 3–6 ans : “L’orage dans le corps va passer.” “On va attendre que la vague redescende.”
- 7–10 ans : “Dans combien de temps ça ira un peu mieux ?” “Qu’est-ce qui t’aide d’habitude ?”
- Ados : “Dans un mois, qu’est-ce qui comptera le plus : ce qui s’est passé ou ce que tu en as fait ?”
FAQ
Est-ce que ça marche pendant une crise ?
Pas au pic. D’abord on sécurise (respirer, s’éloigner du conflit, présence calme), puis on introduit la projection quand l’intensité baisse.
Est-ce que ça revient à dire “ce n’est pas grave” ?
Non. La logique est : “c’est important maintenant” + “ça va évoluer”. On valide l’émotion, puis on remet l’événement en perspective.
Combien de temps faut-il pour que l’enfant s’approprie l’outil ?
C’est un apprentissage. À force d’entendre les mêmes repères, l’enfant finit par se dire lui-même : “Là c’est fort, et ça va redescendre.”